Pauvres poupées
Qui vont qui viennent (Allan Allan)
Pauvres fantômes
Etranges et blêmes (Allan Allan)
J'entends ton chant monotone
La nuit frissone (Allan Allan)
J'entends ton cœur fatigué
D'avoir aimé (Allan Allan)
D'étranges rêveries comptent mes nuits
D'un long voyage où rien ne vit
D'étranges visions couvrent mon front
Tout semble revêtu d'une ombre
L'étrange goût de mort
S'offre mon corps
Saoûle mon âme jusqu'à l'aurore
L'étrange Ligeria renaît en moi
De tout mon être je viens vers toi!
Masque blâfard
Tu meurs ce soir (Allan Allan)
Masque empourpré
De sang séché (Allan Allan)
D'où vient ta peur du néant
Tes pleurs d'enfant (Allan Allan)
Qui sont les larmes
De tes tourments ? (Allan Allan)
D'étranges rêveries comptent mes nuits
D'un long voyage où rien ne vit
D'étranges visions couvrent mon front
Tout semble revêtu d'une ombre
L'étrange goût de mort
S'offre mon corps
Saoûle mon âme jusqu'à l'aurore
L'étrange Ligeria renaît en moi
De tout mon être je viens vers toi!...
Mots clés : Edgar Allan Poe - mort - amour
Allan ? Il s'agit tout simplement du mystérieux Edgar Allan Poe, né à Boston en 1811 puis recueillé quelques années après. Poe mourra à Baltimore alors qu'il n'avait qu'une quarantaine d'années pour des raisons inconnues.
Edgar Allan Poe fait parti au même titre que Baudelaire ou encore Dietrich des références culturelles de Mylène Farmer. Ce sont les premières paroles écrites par Mylène sur un artiste particulier. Ce texte est un hommage à cet auteur qui fit découvrir de goût de la lecture à Mylène.
Le premier couplet est une sorte de présentation de Poe. La chanteuse de remémore la vie de Poe et ses oeuvres. La chanson commence par "Pauvres poupées qui vont et qui viennent", c'est un extrait de "Ligeia" ("Histoires Extraordinaires", traduit par Charles Baudelaire et Stéphane Malarmé) et est suivi d'une suite de vers typiquement romantique, dédiées à Poe. A la fin de chaque vers, Allan est interpelé, comme lors d'une séance de spiritisme. Une sorte de lamentation. Cependant, le référence à Edgar Allan Poe n'est pas imméditate. Mylène préfère l'appelle Allan pour rester évasive. Dès le deuxième vers, elle, en parle comme d'un fantôme ("Pauvre fantôme étrange et blême").
Dans le second couplet, Mylène raconte l'effet que Poe a sur elle. Elle parle de ses cauchermars après avoir lu ses histoires ("D'étranges rêveries comptent mes nuits"). Elle raconte ses cauchemars, sa relation avec la mort (métaphore du voyage aussi utilisée par Charles Baudelaire)
Toute la chanson est une référence à l'oeuvre de Poe : la nuit (référence aux oeuvres plutôt nocturne de Poe),
Dans le refrain, Mylène décrit les visions que lui procurent les oeuvres d'Edgar Allan Poe, peut être issues de rêves. Cette passion pour la mort, la relation entre la mort et l'amour est l'un des thèmes de Poe qui sera et restera récurrent de l'univers farmerien. A la fin du refrain, Mylène parle de Ligeria, la déesse qui dans la mythologie romaine a créé la Loire, c'est aussi à une lettre près le nom d'un écrit de Poe "Ligeia".
Discussions sur les reprises de Poe
Excellent site canadien sur Poe
Article sur Wikipédia